Iconographie

L'intérêt pour la Cappadoce est né de la beauté étrange de son paysage, mais aussi de la présence de peintures et de fresques qui couvrent absides, parois, coupoles des églises le plus souvent nichées dans les falaises et dans les cônes rocheux si caractéristiques de cette région.
Ces églises ont été peintes entre le VIe et le XIIe siècle dans une région en relation avec Jérusalem et Antioche, puis avec Constantinople. C'est un carrefour sur la grand'route des caravanes, un refuge dans ses vallons retirés.


Plafond de l'église Saint Basile
La croix est l'objet d'une vénération intense en Cappadoce. Elle est souvent représentée en croix glorieuse, comme celle qui fut plantée sur le Golgotha après la découverte miraculeuse de la vraie croix par Hélène, mère de l'empereur Constantin. Au plafond des églises creusées dans la roche, elle peut être accompagnée de palmiers ou peinte au milieu de grenades, grappes de raisin, oiseaux, en croix de vie.
Dans l'église de Hagios Basilios (Saint Basile) sur la paroi près d'une croix, on peut lire une inscription: (Quand) on figure (la croix) Jésus-Christ n'est pas souillé. Elle insiste sur la nature divine du Christ.

Dans les absides, Marie Théotokos (Mère de Dieu), l'enfant sur ses genoux, trône en majesté.
Dans l'abside principale, le plus souvent on peint Jésus-Christ, celui qu'on attend, celui de la vision prophétique d'Isaïe et d'Ezéchiel. Le Christ est parole, signifiée par le livre ou le rouleau et par le geste de la main. Il trône entouré des quatre vivants, l'homme, le taureau, le lion, l'aigle, et de deux archanges, Michel et Gabriel qui forment sa garde d'honneur. Isaïe et Ezéchiel, les séraphins et les roues de feu sont également figurés.
Mais le Christ peut aussi être représenté en gloire, loué par tous ses anges, ou entouré de Marie et de Jean-Baptiste en intercesseurs.

À l'époque où l'on s'interroge sur la nature du Christ, le choix des scènes de révélation du Fils (nativité, adoration des mages, baptême, transfiguration), l'attitude des personnages et leurs gestes, témoignent qu'il est à la fois homme et dieu.
La crise iconoclaste s'achève en 843. Les églises du IXe et Xe siècle se couvrent alors de peintures, semblables à des bandes dessinées, relatant la vie du Christ. Le cycle de l'enfance est très développé suivant un récit de la fin du IIe siècle, l'évangile apocryphe de Jacques.
Puis à partir du XIe siècle, les scènes correspondant aux fêtes liturgiques sont représentées sur les parois des églises dont le plan en croix inscrite, avec coupoles et colonnes, permet de multiplier les panneaux.
Plus bas, les apôtres, les grandes figures d'évêques, les nombreux saints sont tout proches de l'assemblée.

Annonciation dans l'église de Kiliçlar

Beaucoup de ces peintures sont détériorées, mais très vite l'oeil apprend à compléter les manques.
Ces églises, pour autant, ne se ressemblent pas. L'une est comme une paysanne endimanchée aux couleurs rouge, blanc, bistre. Une autre est comme une princesse au magnifique bleu de lapis-lazuli: c'est l'église d'une famille de haute noblesse. Dans un cône, la petite chapelle toute simple d'un ermite ou d'un stylite est une louange inscrite dans la pierre.
On reconnaît le style et les couleurs des ateliers byzantins, mais on décèle aussi des influences venues de Palestine, de Mésopotamie, de Perse ou de Syrie. Rien d'étonnant dans ces vallées monastiques d'accueil et de refuge.

Partout, les anges serviteurs, messagers, qui portent la gloire du Christ, qui veillent au pied d'un tombeau ou qui volent sur les voûtes attirent les visiteurs vers le ciel.

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